Période d'attente après le divorce : tout comprendre sur la 'iddah
En droit islamique, le divorce peut être prononcé immédiatement par le mari ou demandé par l’épouse.
Une fois le divorce prononcé, la 'iddah commence — une période obligatoire où la femme garde ses droits au logement et à l'entretien, avant de pouvoir se remarier.
Quand commence l’iddah ?
La 'iddah débute juste après le prononcé du divorce : trois mois avant d'être totalement libérée de ce mariage.
Les règles générales de l’iddah
1. Durée de l’iddah
La durée dépend de la situation de la femme :
- Femme qui a ses menstrues :
Trois cycles menstruels complets.
- Femme qui n’a plus ses règles (ménopause ou irrégularité totale) :
Trois mois.
- Femme enceinte :
Jusqu’à l’accouchement, même si cela arrive rapidement ou prend plusieurs mois.
- Femme divorcée avant consommation du mariage :
Pas d’iddah.
2. Lieu de l’iddah
La 'iddah s'observe en principe au domicile conjugal, mais la femme peut le quitter en cas de danger, de conflit ou d'accord mutuel. L'essentiel est de respecter la durée de trois mois.
3. Comportement durant l’iddah
- La femme ne se remarie pas durant l’iddah.
- Elle peut interagir normalement avec sa famille, travailler si nécessaire, et continuer ses activités du quotidien dans le respect de la pudeur et de la dignité.
- Le mari reste responsable financièrement (nafaqa) durant l’iddah d’un divorce révocable.
4. Possibilité de réconciliation
Quand un mari prononce un premier ou deuxième talaq, le divorce est dit "révocable". Pendant la 'iddah, il peut revenir vers son épouse et reprendre la vie conjugale sans nouveau contrat, sans nouvelle dot, et sans avoir besoin de son accord. La femme doit généralement rester au domicile conjugal pendant cette période. Si la 'iddah se termine sans réconciliation, le divorce devient définitif : pour se retrouver, il faudra alors un nouveau contrat de mariage avec une nouvelle dot.
Le khul' et le faskh fonctionnent différemment. Ce sont des divorces irrévocables, ce qui change tout. Le mari ne peut pas vous reprendre — ni pendant la 'iddah, ni après — sans votre consentement et un tout nouveau mariage. Vous êtes également libre de partir : aucune obligation de rester au domicile conjugal. Vous pouvez observer votre 'iddah dans un lieu sûr de votre choix.
C'est précisément cette irrévocabilité qui fait du khul' et du faskh des protections essentielles pour les femmes. Vous n'avez pas à craindre que votre ex-mari vous "reprenne" contre votre volonté. Une fois la séparation prononcée, elle est définitive
5. Fin de l’iddah
À l’issue de l’iddah, la femme devient libre de ses engagements conjugaux. Elle peut se remarier si elle le souhaite.